Thursday, April 19, 2007
Wednesday, April 18, 2007
t'ange
Elle dit
Mon ange
Mon frère
Mon fils
Fils-frèrange
J'aime
T'ange
Et suis
La fille comète
Qui oscille
Et tangue
A ta verge d'ange
paris
Nuages de Magritte sur les Tuileries
Les vieux ors du Brighton
S'allument
S'éteignent
A vue
Mon cou a chaud
Dans votre écharpe verte
Les nuages nagent
Dans mon dos
D'animal marin
Monday, April 16, 2007
Thursday, April 12, 2007
lazy cult

Un corps qui brûle ?
Sans flammes ?
On peut s’approcher ?
Toucher ?
Se brûler les doigts ?
Les cheveux si blonds
Comme une paille saturée
Ont l’air d’être en train de pousser
Dans le vent et le soleil de mer
Et chaque fois que j’ai croisé le vert de des yeux
- L’eau du rêve amoureux -
Je me suis damné
Le nez échappera au temps
Changera le monde peut-être
Plus que toutes les guerres
Cette moue… Où l’avez-vous prise ?
Vos seins sont vrais ? Qui les a dessinés ?
J’approche mes mains de chasseur de votre taille
Qui fait une vrille de danseuse pour m’échapper
Je m’arrête là…
Je fonds déjà comme un Icare
Je ne toucherai que vos pieds de déesse paresseuse,
En lamentable flaque de cire.
Wednesday, April 11, 2007
lyrics en quête de musicien(s)(nne(s)
Blues de moi
Moi, mon blues, je l’noie
Dans la musiq’ des bars,
La musiq’ tarte
Personne écoute
Personne entend
Personne voit rien
Et toi
Toi dans mon blues
T’es
T’es jamais là
Tu peux
Tu sais
J’me noie dans l’blanc
Dans l’bar
Dans les accords ringards
Et des fois j’rêve
Entre deux vins
Que tu
Que tu
Que tu
Viens dans mes bars
Viens dans mes bras
C’est là qu’on s’noie
Toi
Et moi…
Sunday, April 08, 2007
courants d'air
Elixire : Tu tournes en rond, mon vieux.
Philippe : Pas comme toi, qui files tout droit comme un ventilateur, jusqu’à ne plus jamais pouvoir te rattraper…
Elixire : Tu tournes pas rond, mon vieux.
Philippe : Faudrait savoir, madame autoroute à péage.
Elixire : A péage ?
Philippe : Ouais. Même que j’ai plus les moyens.
Elixire : Ils ont saisi ta bagnole ?
Philippe : Elle s’est écrasée sur un platane. Seulement toi, tu as continué tout droit, sans te retourner, au point que tu ne t’es même pas aperçue que tu étais dedans et que tu étais morte.
Elixire : Morte ?
Philippe : Oui, morte ! Pas vivante ! Enfin… Plus…
Elixire : Qu’est-ce que tu veux, à force de vivre avec un derviche, on finit par perdre ses repères.
Philippe : Qu’est-ce que tu veux, à force de vivre avec un ventilateur, on s’enrhume, on s’alite, on oublie de se soigner…
Saturday, April 07, 2007
Friday, April 06, 2007
Thursday, April 05, 2007
Sunday, April 01, 2007
fringe...
La fille à la frange
Tu te disperses, mon vieux.
Cette fille à frange assise de dos dans un wagon, sa frange dans la vitre brisée, tu l’as vue, pas vue, ce train t’es monté dedans, pas monté dedans, avec ou sans billet, avec ou sans bagage, elle a eu ce geste deviné de dos reflété dans la vitre confuse de balayer sa frange de la main avec un grand arc du bras et un regard chassé, un aller retour rapide gauche droite ou droite gauche, avec le miroir tu sais plus, elle a eu froid sur les épaules quand tu es passé dans le couloir, tourné le visage sans regarder, ses yeux… Ses yeux comment dans les reflets brisés des vitres superposées ?
Tu es entré dans son compartiment ? Dans celui d’à côté ?
Tu t’es assis en face d’elle ? A côté ?
Elle a eu l’air gêné ?
- Bonjour.
Elle a balbutié un truc incompréhensible en rajustant ses écouteurs sur ses oreilles ?
Tel que je te connais, si tu es vraiment monté dans ce train, si tu as vraiment vu cette fille, si tu t’es vraiment assis près d’elle… Tu as dû te mettre à regarder tes pieds, jusqu’à ce quelqu’un d’autre entre dans le compartiment, un type avec un journal qui s’est collé côté porte et endormi avant les premiers cahots du train.
Elle regarde le paysage, sa frange collée au carreau multiple. Tu aimerais bien qu’elle écoute Cold Play parce qu’au moins tu pourrais imaginer que vous avez quelque chose à vous dire. Tu aimerais bien que ses yeux croisent en oblique les tiens dans les reflets de la fenêtre et du paysage.
Tu t’endors presque sur cette chasse au regard, mais son demi sourire dans le fond du verre te tire soudain de ta torpeur amoureuse.
A moi?
A Cold Play?
Au paysage?
A quelqu’un d’autre?
Tu murmures, débordant d’amour et de désir,
- Je vais me chercher un café. Je vous rapporte quelque chose ?
Elle écarquille les yeux, soulève un écouteur.
- Je…
- Oui, c’est sympa, un café, OK.
Tu enjambes le type qui ronfle sous son journal déplié comme dans un film des années cinquante.
Dans le couloir tu danses une danse d’ivresse et de plaisir.
Tu es vraiment dans ce train ? Toi ? Juste en face de cette fille ? Qui t’a souri dans le mille-feuille de verre securit ?
- Merci.
- C’est rien.
- Je vous dois combien ?
- Rien. Je vous en prie.
- Alors merci, vraiment.
Elle sourit à nouveau, détourne les yeux vers le paysage, sirote le café paresseusement.
Tu sens presque la chaleur de ses genoux à quelques centimètres des siens.
Tu vas le lui dire.
- La chaleur de vos genoux aussi près des miens est insupportable. Je veux dire ces quelques centimètres qui nous séparent, ce type profondément endormi, le bruit du train… Il suffirait de si peu…
Tu ne vas pas le lui dire.
Tu ne vas pas gâcher ce moment intenable, ce fossé infranchissable… Ce drame passionnel tendu comme une corde raide qui te rend aussi inflammable qu’une torche imbibée d’essence avant l’allumette.
Tu ne vas rien dire du tout.
Tu vas continuer à te tendre comme un arc et à sentir l’essence.
Quand tu la croises à nouveau dans la vitre, ses joues sont rouges.
A cause du café.
Du chauffage.
De toi.
Le type gémit. Il écarte machinalement le journal de son visage. Il est trempé de sueur. Vous le regardez un court instant tous les deux, elle d’abord inquiète, toi furieux, puis vos regards se croisent pour de vrai dans l’air lourd du compartiment, tu veux l’accrocher avec des harpons de fer (chauffés à blanc) mais elle glisse sur toi en te souriant à nouveau.
- Il fait chaud…
- Oui, un peu, répond-elle, mais ça me va, j’en ai marre de Paris, et du froid, et du gris.
Elle te donne ainsi sa vie en quelques mots, comme une chanteuse à la guitare. Qu’est-ce que tu vas faire ?
- Qu’est-ce qu’on fait ?
- Qu’est-ce que vous voulez dire ? Ou faire ?
- On règle un peu la clim ?
- Ouvrez la porte du compartiment, ça devrait suffire.
En te rasseyant tu lèves les yeux sur le filet à bagages au-dessus d’elle et qui est vide.
Elle a enlevé ses écouteurs.
Elle dit,
- Cold Play. Vous aimez ?
Elle a parlé comme une allumette qui craque. Tu réponds dans un courant d’air pour ne pas exploser tout de suite.
- J’aime leur nom, en tout cas.
Elle te regarde comme quelqu’un qui sait exactement à quelle température tu es.
- Moi je ne sais pas ce que j’aime… Peut-être aussi leur nom… Peut-être que je suis froide… Qu’ils viennent me chercher très loin sous la glace… Ils… brûlent froid… Comment expliquer ?... Pas comme vous…
- Moi ?
- On dirait que vous allez sauter d’une minute à l’autre et déchiqueter tout ce qui est autour de vous. Vous n’êtes pas un terroriste, au moins ? Parce que si c’est le cas, il faut me le dire. Je n’ai pas peur, mais j’aime savoir.
Tu es un suicide bomber de l’amour fou avec ta ceinture de désir explosif autour des reins et tes canons sciés dans les yeux.
- Je suis ce que vous dites. Ce que vous voulez. Je ne suis pas si dangereux. On dit que l’amour tue. Mais pas à chaque fois.
Elle a écarquillé à nouveau les yeux. Tu ne sais pas ce qui fait naître le désir au creux d’une fille à frange au regard paresseux et fuyant, soudain, mais lentement, mais avec une puissance que tout ton attirail de mercenaire ne saurait égaler. Tu aimerais bien mais tu ne sais pas. C’est chaque fois un mystère. Jamais ce que tu avais cru, ou prévu. Elle pose maintenant ses yeux sur toi d’une manière nouvelle. Une manière chasseresse. Elle qui était si loin dans les reflets de la vitre, a désormais une longueur d’avance sur toi. Elle a commencé à te prendre. A te posséder.
La nuit tombe sur les vitres du train.
Les lumières s’allument.
Tu les éteins pour qu’il ne reste que les veilleuses.
Le type dort toujours.
Vos regards sont vrillés l’un à l’autre dans un combat à mort…
Vous faites l’amour plusieurs fois dans ces regards, et ils se vident peu à peu, s’épuisent, hagards, comblés.
Elle te fait signe quand elle sait que sa destination approche.
Vous êtes comme deux léopards.
Vos souffles secrets.
Vous glissez l’un sur l’autre comme deux peaux de bêtes soyeuses.
Le type ne s’apercevra de rien.
Ou si c’est le cas, il se gardera bien de le manifester…
Vos cris silencieux dans la nuit…
… Elle est descendue comme une bête sans sa peau…
Plus tard, sur un autre quai, près de la frontière espagnole, je t’attendais, moi, ton ami de toujours, ton frère d’armes, et je ne t’ai pas reconnu. Toi qui aimais tant la vie, quand ils ont dit qu’ils cherchaient un volontaire pour se faire sauter dans une gare, tu t’es précipité. Je n’ai pas compris. Ou plutôt… J’ai compris à ton regard qu’il t’était arrivé quelque chose. Quelque chose qui sentait la bête sauvage.
Quelque chose qui sentait l’amour.









